La troisième enquête nationale d’Opale sur les associations culturelles employeuses (ACE) apporte un éclairage actualisé sur leur présence sur les territoires et leurs modes de coopération en 2023. Elle montre un tissu associatif largement présent à l’échelle locale, dont les activités se déploient à différentes échelles, de la commune au niveau national. Grâce à de nombreux partenariats et à une participation croissante à des réseaux, ces associations jouent un rôle central dans la vie culturelle et dans les liens avec les acteurs éducatifs et sociaux.
Un ancrage territorial d’abord communal
Les associations culturelles employeuses sont avant tout des actrices locales.
60 % interviennent à l’échelle de la commune, devant :
• 52 % à l’échelle intercommunale
• 44 % au niveau départemental
• 37 % au niveau régional
Mais cet ancrage s’accompagne d’un décalage entre les lieux d’action et les financements : 31 % des associations actives dans leur commune ne sont pas financées par celle-ci. Ce décalage se retrouve également à d’autres échelles territoriales : 32 % des associations intervenant au niveau départemental et 40 % à l’échelle régionale ne bénéficient pas de financements de la collectivité correspondante.
=> L’enquête souligne ainsi un écart entre territoires d’action et territoires de financement.
Des associations majoritairement tournées vers des publics non adhérents
81 % des associations culturelles employeuses mènent des actions vers des publics non adhérents à leur association, contre 37 % centrées sur leurs adhérent·es.
Cette ouverture se traduit aussi dans le nombre de personnes touchées : si 40 % des ACE accueillent moins de 1 000 participant·es par an, plus d’un quart (28 %) en touchent plus de 5 000, voire plus de 10 000 pour certaines structures.
=> Les associations culturelles employeuses jouent donc un rôle central dans la diffusion des pratiques et créations culturelles à l’échelle locale.
Des partenariats multiples et transversaux
Le fonctionnement des associations culturelles employeuses repose sur un tissu dense de coopérations et de partenariats : 93 % d’entre elles déclarent travailler avec d’autres acteurs. Une large majorité est en lien avec d’autres acteurs culturels (79 %), mais aussi avec des établissements scolaires ou universitaires (64 %) et des structures de l’éducation populaire et des loisirs (52 %). Ces coopérations s’étendent également à d’autres champs, avec 30 % des associations culturelles employeuses en partenariat avec le secteur sanitaire et médico-social et 24 % avec le travail social.
=> Les associations culturelles employeuses entremêlent largement leurs actions avec les domaines de l’éducation et du social.
Des réseaux en progression, au cœur du fonctionnement du secteur
Au-delà des partenariats ponctuels, l’enquête met en évidence une adhésion croissante aux réseaux et organisations collectives.
Alors qu’elles n’étaient que 66 % en 2018 à adhérer à des réseaux, les associations culturelles employeuses sont aujourd’hui 77 % dans ce cas.
Ces réseaux jouent plusieurs rôles essentiels : ils contribuent à la représentation et à la structuration du secteur, favorisent les échanges de pratiques et la montée en compétences des acteurs, permettent la mutualisation de ressources, et facilitent l’accès à des financements ou à des dispositifs d’accompagnement.
En moyenne les associations culturelles employeuses adhérent à 2 réseaux et la moitié d’entre elles adhèrent à plusieurs organisations.
=> Ces réseaux constituent un niveau intermédiaire clé entre les associations et les politiques publiques.
Une coopération qui passe aussi par la mutualisation
86 % des associations culturelles employeuses sont engagées dans des pratiques de mutualisation. Cette mutualisation prend des formes variées : elle peut concerner le partage de moyens matériels (locaux, équipements, outils techniques), la mise en commun de compétences (savoir-faire artistiques, techniques ou administratifs), mais aussi certaines fonctions de gestion, comme l’administration, la communication ou l’accompagnement de projets.
=> La mutualisation renforce les logiques de réseau et constitue un levier d’adaptation face aux contraintes économiques.
Un rôle majeur auprès de publics ciblés
Les associations culturelles employeuses développent largement des actions en direction de publics ciblés. 78 % d’entre elles s’adressent à des publics spécifiques, notamment en fonction de l’âge (72 %), en particulier les jeunes. Près de la moitié (49 %) mènent également des actions auprès de publics vulnérables, et une part importante (40 %) intervient dans des zones spécifiques (quartiers prioritaires, territoires ruraux ou éloignés). Par ailleurs, cette attention portée aux publics se traduit par une forte présence en milieu éducatif : 71 % des ACE interviennent en milieu scolaire.
=> Les associations culturelles employeuses jouent un rôle structurant en matière de médiation culturelle et de cohésion sociale.
Un modèle coopératif et en réseau
L’enquête met en évidence un modèle associatif culturel :
• fortement ancré dans les territoires,
• largement ouvert sur son environnement,
• et structuré par des coopérations et des réseaux en développement.
En conclusion, les associations culturelles employeuses apparaissent ainsi comme des actrices clés des dynamiques territoriales, au cœur des coopérations locales et pleinement intégrées dans des écosystèmes en réseau.







