La troisième enquête nationale d’Opale sur les associations culturelles employeuses (ACE) compose une photographie actualisée du secteur en 2023. Elle met en lumière un tissu associatif culturel présent sur l’ensemble du territoire, structuré autour du spectacle vivant, fortement investi dans des missions éducatives, et caractérisé par sa pluriactivité : une majorité de structures cumulent en effet plusieurs fonctions (création, diffusion, éducation, accompagnement), témoignant d’une organisation souple et transversale de leurs activités.
Une implantation nationale qui couvre l’ensemble des territoires
Les 45 550 associations culturelles employeuses recensées en 2023 sont implantées dans toutes les régions françaises. Leur répartition territoriale est globalement alignée sur le poids démographique des régions, avec toutefois quelques nuances :
• L’Île-de-France concentre 22 % des ACE pour 18 % de la population nationale.
• Les associations des régions de la moitié sud apparaissent légèrement surreprésentées.
• Le Grand Est et les Hauts-de-France sont relativement sous-dotés en associations.
Répartition nationale des associations employeuses
(tous secteurs et culturelles uniquement)
au regard de la population française
Insee, fichiers Sirene / RNA / Recensement de la population (données 2023)
Si 21 % des associations sont implantées dans des communes de moins de 3 000 habitants, plus de la moitié (51 %) se situent dans des aires d’attraction urbaines de 500 000 habitants et plus, incluant Paris.
Mais des activités largement déployées en milieu rural
Si les sièges sociaux sont majoritairement situés en milieu urbain, l’enquête montre que les activités des associations culturelles employeuses se déploient très largement au-delà de ces pôles.
• 65 % agissent en milieu rural,
• 63 % en milieu urbain,
• 49 % en milieu périurbain
Localisation des activités des associations culturelles employeuses
Opale, enquête associations culturelles employeuses 2025 (données 2023)
Autrement dit, les deux tiers des ACE interviennent en milieu rural. Cette donnée constitue un enseignement important de l’enquête : les associations culturelles employeuses jouent un rôle structurant dans la circulation des œuvres, des artistes et des publics, y compris dans des territoires peu dotés en équipements culturels. Sans cette présence associative, les échanges artistiques et culturels seraient fortement limités, voire empêchés dans certains territoires ruraux.
Un ancrage communal fort, des soutiens publics inégalement répartis
La commune demeure l’échelle d’intervention principale (60 % des associations), devant l’intercommunalité (52 %), le département (44 %) et la région (37 %).
Les collectivités territoriales, et en premier lieu les communes, constituent d’ailleurs les premiers soutiens publics des associations culturelles employeuses. Toutefois, toutes les structures intervenant sur un territoire ne bénéficient pas nécessairement d’un financement de la collectivité correspondante. L’enquête met ainsi en évidence un décalage non négligeable entre territoire d’action et soutien financier : qu’il s’agisse de la commune, de l’intercommunalité, du département ou de la région, une part significative d’associations actives à ces différentes échelles ne perçoit aucun financement de la collectivité compétente.
Par ailleurs, les aides publiques apparaissent fortement polarisées : elles bénéficient plus largement aux équipements et aux structures les plus importantes.
Le spectacle vivant, cœur du secteur associatif culturel employeur
Le trait structurel majeur du secteur reste la prédominance du spectacle vivant. En 2023, 67 % des associations culturelles employeuses déclarent œuvrer principalement dans ce domaine.
Au sein du spectacle vivant :
• 25 % relèvent de la musique
• 15 % du théâtre
• 13 % du spectacle pluridisciplinaire
• 5 % des arts de la rue
• 5 % de la danse
• 4 % des autres arts de la scène
Les autres domaines culturels sont représentés dans des proportions plus modestes :
• audiovisuel et multimédia (7 %)
• éducation populaire (7 %)
• arts visuels (4 %)
• patrimoine (3 %)
• livre et presse (2 %)
Certains domaines, comme l’architecture ou l’artisanat d’art, restent marginaux dans le champ associatif employeur.
Enfin, 11 % des associations culturelles employeuses sont transversales à plusieurs domaines d’activité sans qu’un seul puisse être identifié comme principal. Cette catégorie a doublé depuis notre dernière enquête, ce qui traduit une tendance croissante à croiser les disciplines et à développer des projets hybrides.
Répartition des associations selon le domaine et le sous-domaine culturel
Opale, enquête associations culturelles employeuses 2025 (données 2023)
Création et éducation : des fonctions structurantes
Au-delà des domaines d’activité, l’enquête analyse les fonctions exercées par les associations. La grande majorité des associations interrogées œuvrent à titre principal dans la création, l’éducation ou la diffusion artistique et culturelle :
• Création : 38 % des associations (compagnies, collectifs d’artistes, ensembles musicaux...).
• Éducation : 29 % (écoles, centres socio-culturels, associations d’action culturelle…).
• Diffusion : 20 % (lieux, festivals, médias associatifs).
Fonctions exercées par les associations culturelles employeuses
Opale, enquête associations culturelles employeuses 2025 (données 2023)
La fonction éducative occupe une place particulièrement importante : lorsqu’on considère les fonctions principales et secondaires, 74 % des associations mettent en œuvre des actions d’éducation artistique et culturelle.
Cette donnée confirme le rôle central joué par les ACE dans la transmission, l’action culturelle, la médiation et l’accompagnement des pratiques artistiques, notamment auprès des jeunes publics.
Les deux tiers des associations (66 %) exercent plusieurs fonctions, avec une moyenne de 2,2 fonctions différentes par structure. Cette pluriactivité, particulièrement marquée dans les lieux culturels et les structures d’accompagnement, illustre la capacité d’adaptation et la transversalité du modèle associatif culturel.
Un secteur à la fois ancré et transversal
L’enquête met en évidence un tissu associatif culturel :
• ancré dans les territoires
• structuré autour du spectacle vivant
• massivement engagé dans des missions éducatives
• caractérisé par une diversité fonctionnelle
En conclusion, les associations culturelles employeuses demeurent des actrices majeures de la vie culturelle, de la cohésion territoriale et de l’accès à la culture sur l’ensemble du territoire français.





