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La place du numérique dans les projets culturels

Depuis plusieurs années, la culture est le premier secteur accompagné par le DLA sur le département des Pyrénées Atlantiques. En partenariat avec le Pôle Culturel du Conseil Départemental, le DLA 64 porte une attention particulière au secteur culturel, et a mené en 2019 un accompagnement collectif sur le numérique.

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- UN BESOIN COMMUN AUTOUR DES PRATIQUES NUMÉRIQUES

Le numérique est un sujet d’actualité puisqu’il s’agit, d’une part, de développer les opportunités au service de l’inclusion, du partage et de la cohésion sociale, et, d’autre part, d’éviter les phénomènes de fracture numérique qui ne font qu’aggraver les inégalités sociales. Le sujet est cependant complexe à cerner puisqu’il est indissociable des outils numériques, dont l’appréhension technique ne peut donner lieu à un accompagnement DLA.

D’après le bilan d’accompagnement du DLA 64, «  le numérique remet en cause les modes d’accès et d’appropriation de la culture tout autant que ses modes de production et de diffusion. Il constitue un enjeu important qui produit une transformation profonde du secteur culturel ».

L’utilisation des outils numériques conduit en effet à revisiter et à renforcer le projet associatif et ainsi à dégager de nouvelles pistes de développement pour les projets artistiques et culturels. Ces outils ouvrent de nouvelles perspectives qui peuvent améliorer le fonctionnement associatif à différents niveaux : modalités de gouvernance, transmission d’informations, gain de notoriété, participation plus active de bénévoles, transparence accrue, communication facilitée…

Toutefois, la mise en place et l’utilisation du numérique peuvent devenir une contrainte si les membres de l’association n’en ont pas la maîtrise et connaissent mal pas les enjeux qui y sont liés.

- ACCOMPAGNEMENT : LA CRÉATION D’UNE DYNAMIQUE COLLECTIVE

L’accompagnement du DLA 64 s’est ainsi adressé à des structures très diverses : un centre culturel, deux compagnies de spectacle vivant, une radio associative et, enfin, le service culturel d’une collectivité.

L’accompagnement s’est organisé en deux temps : quatre journées se sont déroulées en collectif, dont une demi-journée de bilan puis une demi-journée de temps individuel par structure participante. Cette alternance entre temps collectifs et individuels a permis aux structures de prendre les choses en main.

« C’était très dynamique et très intéressant : cela nous a permis de sortir de l’attitude attentiste et de mettre en place une démarche plus active », rapporte l’une des structures participantes.

- NUMÉRIQUE : UNE THÉMATIQUE FÉDÉRATRICE POUR LES ACTEURS DE L’ÉCOSYSTÈME LOCAL

Parmi les points positifs, les structures soulignent la dynamique positive et enthousiaste de cet accompagnement et les nouveaux liens créés. Des actions concrètes, comme une billetterie, ont pu être rapidement mises en œuvre. « Cela a redonné du souffle à notre équipe et nous nous sommes déjà réunis pour mettre en place de nouveaux outils et améliorer ceux que l’on a déjà  », témoigne l’une des structures. L’une des compagnies de spectacle vivant a noté l’impact positif de ce temps de réflexion et de l’évolution de ses pratiques sur sa créativité.

En renforçant ses liens avec le public – notamment via les réseaux sociaux –, la compagnie y voit un potentiel de nouvelles activités, l’ouverture d’un champ créatif permis par cette nouvelle synergie. Elle n’émet pas de doute sur l’impact à long terme sur le fonctionnement de la structure. Ce sentiment est partagé par les structures participantes, comme l’atteste l’une d’elles :

« On comprend qu’il ne suffit pas uniquement d’être dans la diffusion, mais qu’il y a une réelle plus-value à établir et renforcer notre rapport direct avec le public. Cela ouvre un champ créatif et change notre structuration interne car nous prévoyons désormais d’embaucher une personne sur un poste de communication plutôt qu’un commercial sur un poste de diffusion. »

- LE NUMERIQUE, POUR QUELS OBJECTIFS ?

En charge d’animer ce temps collectif, le consultant Cyril Leclerc a souligné plusieurs aspects liés à l’appropriation des outils numériques.
Premièrement, investir le numérique permet de déployer sa créativité et de se fixer de nouveaux objectifs. Deuxièmement, derrière l’écran, il y a l’humain : il convient donc de s’interroger sur l’impact sur son organisation et d’accompagner le changement en interne. Troisièmement, s’agissant de l’environnement externe, il faut également une connaissance fine de son public afin de lui proposer les outils les plus adéquats. Enfin, au-delà de l’audience (nombre de personnes atteintes), il convient de réfléchir à l’engagement : faire en sorte que les publics participent, s’impliquent.

« Le numérique permet d’avoir un regard sur le fonctionnement de la structure et une réflexion sur la façon d’impliquer davantage le public sur les projets artistiques »

Pour cela, il faut sortir d’une démarche strictement promotionnelle et ne pas traiter trop vite des outils, qui ne sont qu’un moyen d’atteindre les objectifs en question. Pour le consultant, le numérique permet d’avoir un regard sur le fonctionnement de la structure et une réflexion sur la façon d’impliquer davantage le public sur les projets artistiques.
La chargée de mission DLA, qui a coordonné l’atelier, rappelle quant à elle les enjeux clés : proposer aux publics « les bons contenus, au bon endroit, au bon moment ».

- POUR FINIR...

Cet accompagnement collectif a constitué un temps décisif pour les structures bénéficiaires, qui ont pu, ensemble, entamer une réflexion sur leurs pratiques. Au-delà d’une mise en travail collective et d’une prise de recul, ce temps privilégié proposé par le DLA a permis d’ouvrir le champ des possibles pour les participants.


ANNÉE : 2019

MAJ - mars 2020