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Accompagner la coopération

Luc de Larminat présente dans ce texte les orientations du travail mené par Opale, dans le cadre de ses orientations générales comme dans celui de sa mission de Centre de Ressources Culture pour les DLA, sur le champ de la coopération.

- Un secteur associatif culturel en expansion mais atomisé
Ces dernières années, le secteur associatif de la culture a connu un important développement : les pratiques artistiques sont en augmentation, la professionnalisation se renforce, l’offre artistique n’a jamais été si féconde et est souvent porteuse d’enjeux sociétaux. Dans toute leur diversité (friches urbaines, fabriques et collectifs artistiques, « nouveaux territoires de l’art », scènes de musiques actuelles…), ces projets revendiquent tout autant leur inscription sur le territoire que leur capacité à contribuer à la création d’espaces socio-économiques plus justes se référant à l’économie solidaire, à l’agenda 21 de la culture ou encore à la convention de l’Unesco pour la promotion de la diversité culturelle.
Mais paradoxalement, tandis que le volume d’emplois est resté globalement stable, le nombre de salariés et le nombre de structures ont eux augmenté contribuant à l’atomisation du secteur : les 31.400 associations employeuses représentent ainsi 90.000 équivalents temps plein répartis entre 200.000 personnes ; 35% fonctionnent avec moins d’un ETP. Ce contexte a activé les réflexions sur la mutualisation et la coopération.

- Des malentendus autour de la mutualisation d’emplois
Si mutualiser, c’est mettre en commun des moyens, des services, des savoir-faire, cette notion a généré et génère parfois encore des malentendus. Les pouvoirs publics ont été tentés d’y chercher des solutions face au resserrement des marges budgétaires. Plutôt que d’accorder un emploi-tremplin à une seule association de petite taille, comment inciter plusieurs associations à se réunir pour partager et pérenniser cet emploi ? Les coopératives d’activités et d’emploi pourraient-elles offrir des pistes pour l’insertion d’artistes bénéficiaires du RSA ?, etc.
Du côté des acteurs, l’effort de mutualisation dans le domaine de l’emploi qui théoriquement devrait être en premier lieu un effort de stabilisation pour des salariés au statut précaire a pu devenir un « moyen » de conforter les budgets de fonctionnement affectés par des baisses des crédits.

- Analyser et soutenir les démarches de coopération
Si « coopérer, c’est agir ensemble afin d’obtenir un résultat avantageux », « la notion de coopération implique une idée de réciprocité et de mutualité ». Mais au-delà des enjeux généraux, il est nécessaire d’aller voir de plus près les projets qui émergent aujourd’hui, soit dans le cadre de dispositifs (Pôles Territoriaux de Coopération Économique –PTCE –, Solima – Schéma d’Orientation des Lieux de Musiques Actuelles), soit dans le cadre de clusters (grappes d’entreprises) ou de façon plus « spontanée ».
Quel est leur fonctionnement (activités, gouvernance) ? Leur modèle économique (place des collectivités, place des financements privés) ? Mais aussi quels sont les choix politiques qui les guident, comment sont mises en pratique les valeurs qui les sous-tendent ? Comment les évaluer ?
Le DLA, Dispositif Local d’Accompagnement, un dispositif national de soutien à l’emploi associatif – pour lequel Opale porte une mission de ressources sur la filière culturelle –, peut être un appui pour soutenir et accompagner ces expérimentations.
L’enjeu est aussi que ces initiatives aujourd’hui dispersées sur le territoire se mettent en réseau pour chercher ensemble un chemin cohérent, un sens entre l’économie et la politique.
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Ce texte de Luc de Larminat, directeur d’Opale, est extrait de la journée "Coopérations culturelles sur les territoires : quels enjeux, quels outils ?" organisée le 29 novembre 2012 à l’initiative du Conseil général du Finistère.


ANNÉE : 2013

MAJ - avril 2013